Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 16:48

Introduction

 

            Lors de la conception de la médiathèque Alexandre Jardin, à Asnières-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, les acteurs institutionnels ont voulu donner un visage plus moderne à la bibliothèque. Pour cela, ils ont créé une cyber-base ou espace public numérique.

            Concrètement, les cyber-bases désignent, dans les médiathèques, les musées ou les centres de quartier, une structure d'accueil au public pour les initier aux technologies informatiques et numériques ainsi qu'aux techniques d'information et de communication. Ces structures, qui forment un réseau, doivent respecter un cahier des charges. Les cyber-bases doivent être ouvertes au public, posséder plus de cinq ordinateurs et offrir des séances d'initiation gratuites ainsi que des ateliers thématiques (payant à tarif très réduit ou non).

            La médiathèque Alexandre Jardin, inaugurée en 2006, est une médiathèque qu'on pourrait qualifier de « moderne ». Elle propose un nombre important de DVD par exemple. Et c'est donc tout naturellement qu'elle accueille en son sein une cyber-base. Dans une salle à part, huit ordinateurs sont disposés et sont gérés par un animateur dédié, au statut de bibliothécaire mais dont la fonction est exclusivement destinée à cet exercice. Cet espace est cloisonné, c'est à dire qu'il est séparé de l'espace livre ou de l'espace enfant par des murs et des portes. En fait, il est possible d'accéder directement à la cyber-base sans être passé au préalable par les autres structures de la médiathèque, si l'on excepte le hall d'entrée.

            Cet espace comportait pour moi deux attraits. D'abord, au sein d'une médiathèque, c'était un espace nouveau. En effet, si l'on s'intéresse aux deux autres médiathèques d'Asnières-sur-Seine, plus anciennes, on s'aperçoit que même s'il y a bien présence d'ordinateurs pour l'une d'entre elle, on ne parle pas pour autant de cyber-base. Ensuite, l'espace public numérique, de part sa nouveauté, son objet mais aussi et surtout sa disposition dans la médiathèque, m'est apparu comme un espace à part, que l'on peut considérer comme unique dans la médiathèque.

            De ce constat, plusieurs curiosités découlent. La bibliothèque est un espace qui n'a que très peu, voire pas du tout, évolué sur une très longue période. Pendant longtemps, les bibliothèques n'ont proposé, et c'est normal, que du prêt de livres pour l'essentiel. On commença à parler de discothèques lorsque celles-ci ont commencé à offrir au prêt des disques compacts. Mais c'est à la fin des années 90 que l'on parle véritablement de médiathèques avec le prêt, qui s'est généralisé aujourd'hui, de films sous la forme de DVD. Dans tous les cas, l'arrivée d'une nouvelle technologie, d'un nouveau support, a certes dû entraîner une modification des usages mais cela restait toujours du prêt d'objet à des fins culturelles. Avec la cyber-base, les médiathèques sortent de leur mission originale puisque celles-ci ne prêtent rien. La médiathèque cesse d'être un lieu de passage et devient un lieu de vie. C'est cela, en particulier, qui m'a intéressé.

 

Situation théorique de l'objet.

 

            Avant d'entamer le travail de terrain, il était important de se pencher sur des bases bibliographiques solides afin de définir notre objet et ses méthodes d'analyses.

            De par la proximité entre bibliothécaires et universitaires, il existe un certain nombre de revues professionnelles propres aux bibliothèques qui revêtent un aspect très universitaires par leur approche et leurs méthodes. On peut citer par exemple l'IFLA (pour Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions) qui publie chaque année un rapport de son congrès annuel.

            En parallèle, de nombreux chercheurs en sciences de l'information et de la communication se sont intéressés à cet objet, en le rapprochant notamment des musées. La bibliothèque est un service public. Cette institution part d'une volonté des pouvoirs publics de mettre à disposition des citoyens un certain nombre de biens culturels afin de favoriser leurs savoirs. Le rapprochement avec les musées paraît donc légitime. Dans les travaux de recherche, ceci se matérialise par un attrait particulier pour la formation, et notamment l'autoformation.

            Deux travaux en particulier s'intéressent aux bibliothèques et à leur vertu formative: l'analyse d'Olivier Las Vergnas et celle de Joëlle Le Marec que nous verrons en premier.

            Ces deux travaux sont parus dans le numéro 11 de  la revue Savoirs, aux éditions L'Harmattan en 2006. La question centrale est ici de savoir si les espaces publics culturels sont des espaces de formation.

            Joëlle Le Marec est professeur à l'école normale supérieure de sciences humaines de Lyon et son article s'intitule: Les musées et bibliothèques comme espaces culturels de formation. Depuis la fin des années 90, Joëlle Le Marec, accompagnée d'autres chercheurs dont Olivier Las Vergnas, a mené de longs travaux d'observation à la BIP (Bibliothèque publique d'information) du centre Pompidou à Paris puis dans la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris qui comporte une bibliothèque. Lors de ces enquêtes de terrain, elle explique avoir « pris la mesure de ce que pouvait représenter dans la construction des usages des TIC (Technologies de l'information et de la communication) non seulement la nature des dispositifs informatisés étudiés (...), mais aussi le contexte d'utilisation, public ou privé, institutionnel ou informel ». Son analyse est intéressante car Joëlle Le Marec affirme que le contexte influence deux aspects: les conditions d'utilisation des dispositifs mis à la disposition des publics et les pratiques sociales et culturelles existantes. En effet, on ne « fait pas la même chose » avec un ordinateur qu'avec un livre. Dans le même esprit, le cadre des pratiques sociales et culturelles n'est pas le même si l'on visite une exposition temporaire ou si l'on consulte un ouvrage dans une bibliothèque.

            Pour Joëlle Le Marec, les bibliothèques, tout comme les musées, sont des « lieux de l'éducation informelle ». L'éducation formelle étant, ici, désignée par l'école. Les musées et bibliothèques matérialiseraient directement « le lien entre valeurs républicaines et savoirs » en conservant, préservant et transmettant un patrimoine public et en formant le citoyen. Ce savoir mis à disposition des citoyens est considéré comme un savoir « vrai », rationnel, représenté notamment par des livres, des films ou de la musique pour le cas des bibliothèques mais aussi par des oeuvres d'art pour les musées.

            Ces lieux étant des lieux de mise à disposition de savoirs, il est alors particulièrement attendu d'eux qu'ils soient un support à la formation des individus. C'est le concept d'autoformation qui est particulièrement décrit dans les travaux sur les bibliothèques et les musées. L'autoformation, que l'on peut rapprocher de « l'éducation informelle » citée plus haut, désigne la formation que le public acquiert de lui-même, de sa propre initiative, en investissant ces lieux et en se cultivant de son propre chef.

            L'arrivée des NTIC (pour Nouvelles Techniques de l'Information et de la Communication) a quelque peu bouleversé cette vision des choses puisqu'elle a renforcé, par l'intermédiaire d'Internet notamment, mais pas seulement, la notion de loisirs. Joëlle Le Marec, ainsi que nombre de travaux, s'intéressaient déjà à la question de la pertinence de la formation compte tenu de l'évolution des pratiques et des offres culturelles dans les musées. Ainsi, elle s'interroge dans son travail sur les conséquences du développement des expositions à prédominance divertissante au détriment des instruments de recherches purs comme les bibliothèques au sein d'un musée.  En reprenant les travaux de Pierre Bourdieu, Joëlle Le Marec montre qu'un dispositif de mise en place des savoirs influe très fortement les pratiques des usagers d'une part et que les pratiques culturelles peuvent être considérées également comme des pratiques sociales d'autre part. Ainsi, le développement de nouveaux modes de mise à disposition des savoirs dans les musées et les bibliothèques posent un certain nombre de questionnement quant aux pratiques culturelles et sociales sous le prisme de l'autoformation. C'est ce qui fait se questionner Oliver Las Vergnas dans son article: Nos sociétés peuvent-elles prendre le « gai savoir » au sérieux?.

            Olivier Las Vergnas est docteur ès science de l'Univers. Aujourd'hui, ce physicien de formation travaille sur la question des savoirs. Il est notamment associé au laboratoire « Appartenance et formation d'adultes » au CREF de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense.

            Pour lui, les institutions sont face à un clivage entre loisir et formation du fait du développement de nouveaux modes de mise à disposition des savoirs dans les musées et bibliothèques. Le développement des expositions « ludiques » et des espaces numériques avec accès à Internet renforcent l'idée de divertissement et de loisirs dans des lieux réservés, a priori, au savoir et à son apprentissage. Ainsi, Olivier Las Vergnas parle « d'étanchéité persistante  entre les fonctions ''expositions de loisirs'' et ''espace documentaire et de service'' ». D'ailleurs, l'auteur prend l'exemple de la Cité des sciences et de l'industrie, qu'il connaît bien pour avoir aidé à sa conception, qui préfère mettre en avant ses expositions plutôt que sa médiathèque, jugée marquée par une image de « pénibilité ». C'est donc en cela qu'Olivier Las Vergnas parle d'un « savoir gai » en désignant ces nouveaux espaces de savoirs qui se développent au sein des musées et des bibliothèques. Sans reprendre l'analyse complète de cet auteur, il est intéressant de voir comment la problématique est posée.

            Au regard de ces travaux, on peut dégager deux problématiques intéressantes en rapport avec les médiathèques. D'abord, avec l'apport de Joëlle Le Marec, on peut voir que le mode de mise à disposition des savoirs influe sur les pratiques culturelles et sociales des usagers. Ensuite, grâce au travail d'Olivier Las Vergnas, on peut affirmer que la question du loisir dans les lieux de promotion du savoir culturel est une problématique essentielle.

            Ramené à notre terrain, la cyber-base de la médiathèque Alexandre Jardin, ces travaux sont intéressant car ils peuvent s'y appliquer de manière relativement pertinente. En effet, comme il l'a été évoqué dans le premier chapitre, la cyber-base introduit une rupture dans la disposition de la médiathèque puisqu'il met à la disposition des usagers un type de biens nouveau. Ces biens nouveaux, que sont les outils informatiques, introduisent des pratiques nouvelles, beaucoup plus orientées vers le loisir que vers le savoir. Les questions de savoir si les activités culturelles divertissantes correspondent aux missions initiales de mise à disposition d'un savoir « rationnel » et des conséquences des modes de mise à disposition de ce savoir sur les pratiques culturelles sont donc particulièrement pertinentes pour notre terrain.

            Nous reprendrons ces bases théoriques afin de construire notre problématique et nos hypothèses de travail. Dans le cadre d'une médiathèque municipale, nous chercherons à savoir de quelle façon la mise en place d'un espace public numérique modifie les pratiques culturelles et sociales des usagers. Nous traiterons cette question en deux points. Dans un premier temps, nous montrerons que la mise en place de la cyber-base a tourné davantage les pratiques culturelles des usagers vers des pratiques de loisirs. Dans un second temps, nous tenterons de démontrer que ces pratiques jugées divertissantes peuvent former un apprentissage des savoirs culturels.

 

Principe et modes d'accès au terrain.

 

            Ce terrain est un peu particulier pour moi puisqu'il est, en partie, mon lieu de travail. En effet, je travaille comme vacataire à la médiathèque Alexandre Jardin depuis quelques mois. Bien que j'ai été engagé pour travailler spécifiquement comme animateur remplaçant de la cyber-base, ce poste ne représente qu'environ 20% de mon temps de travail général. En réalité, je n'occupe ce poste qu'un jour par semaine et je suis le plus souvent affecté aux autres postes dits de « service public » parce qu'en relation directe avec les usagers comme le prêt ou le retour des documents. J'ai donc une approche négociée au terrain. Je ne suis ni complétement dans le terrain, ni complètement hors du terrain. Cette approche dualiste me permet d'avoir un recul nécessaire tout en jouissant d'un poste d'observation privilégié. En outre, ceci me permet de faire la comparaison entre les différentes composantes de la médiathèque ainsi qu'entre les différentes médiathèques elles-mêmes puisqu'il m'arrive d'être affecté pour la journée dans les deux autres médiathèques de la ville d'Asnières-sur-Seine.

            A cause du fait que mon terrain soit également mon lieu de travail, mon statut est donc spécifique. Je fais partie intégrante du dispositif et mes interactions avec les usagers sont des interactions d'ordre professionnel et non d'ordre scientifique. J'ai essayé de contrer ce biais en deux points. D'une part, j'ai décidé de me concentrer sur l'observation plutôt que sur les entretiens. D'autre part, j'ai observé les pratiques des usagers et leurs relations et non pas, dans la mesure du possible, la relation des usagers avec les bibliothécaires.

            Ma méthode repose donc essentiellement sur une observation que je qualifierais de participante car de par mon statut professionnel, j'étais inclus de fait dans mon terrain. Ce travail d'observation a été assez long puisqu'il a duré plusieurs semaines; semaines auxquelles on peut ajouter mon expérience passée avant de prendre la décision d'effectuer ce travail. La mise place des modalités techniques de l'observation a été relativement facilitée par mes contraintes de travail. En effet, j'étais affecté à la cyber-base pratiquement tous les samedi. J'ai donc mis à profit cette affectation pour construire un calendrier régulier d'observation. En outre, la configuration de mon poste de travail est un outil exceptionnel pour mener à bien une observation participante puisque je jouis d'un bureau où je peux suivre en direct l'activité de tous les postes informatiques de la salle, d'autant plus que celle-ci est assez étroite et que je peux me déplacer aisément pour interagir avec les usagers. Enfin, les postes informatiques se réservent sous la forme d'un rendez-vous d'une durée maximale de deux heures. J'ai donc à ma disposition un emploi du temps sur lequel sont notés le nom de toutes les personnes ayant utilisé un poste ainsi que la durée de leur utilisation. J'ai n'ai pas tenu de cahier d'observation spécifique notant tout ce qui se passait de façon scrupuleuse et exhaustive pour deux raisons. D'abord parce qu'à force de fréquenter la médiathèque, je connais toutes les personnes utilisant la cyber-base. En effet, ce sont très souvent des habitués des lieux qui viennent l'utiliser. Ensuite, parce que les activités des usagers sont très souvent les mêmes dans le temps. Ainsi, je sais qu'Ali, 10 ans, qui vient tous les jours, va jouer à des jeux gratuits sur Internet sous la forme de « flashs ».

            Comme le montrent mes hypothèses de travail, j'ai axé ma réflexion sur le mode de disposition du savoir et de son incidence sur les pratiques culturelles et sociales. Il a donc fallu que mes observations puissent être analysées en ce sens. Dans ce but, je me suis intéressé essentiellement aux activités pratiquées par les usagers ainsi qu'à leur comportement en fonction de ces activités et de leur entourage. Pour un enfant par exemple, je m'intéresse à ce qu'il fait sur l'ordinateur, comment il l'utilise et comment il entre ou non en relation avec son entourage. D'autre part, en dehors de l'observation des usagers j'ai mené une réflexion sur la configuration des lieux et ai notamment privilégié l'utilisation de la photographie, à l'image de Joëlle Denot, afin d'en rendre compte. Dans Intérieur ouvrier: la médiation photographique, celle-ci s'attache à décrire son mode de prise de vue (quel appareil? quel objectif?) qu'elle a choisi parce qu'elle considère ceci comme faisant partie de ses méthodes d'observation. De la même façon, j'ai choisi de réaliser mes clichés avec un téléphone portable car j'ai jugé cela plus en accord avec mon sujet. Travaillant sur la cyber-base comme nouvelle méthode de mise à disposition des savoirs, il m'eût été difficile de ne pas faire un parallèle avec le téléphone portable et les nouveaux modes de prise de vue. Etant moi-même photographe selon les anciennes méthodes (argentique, pellicule et laboratoire), j'ai trouvé saisissant de photographier avec mon téléphone portable, comme pour faire un clin d'oeil aux bibliothèques et à leurs cyber-bases.

           

Exposé thématique de l'enquête.

 

            Mes interrogations de départ étaient les suivantes: comment la cyber-base a modifié les pratiques culturelles et comment qualifier ces nouvelles pratiques au regard du savoir.

            La cyber-base n'a pas véritablement fait entrer de nouvel outil dans la médiathèque. En fait, les ordinateurs étaient déjà présents avant dans les autres médiathèques sans que celles-ci comportent pour autant de cyber-base. Alors pourquoi parler de mise à disposition nouvelle des savoirs? Parce qu'à Alexandre Jardin, la cyber-base fonctionne comme une entité propre, au même titre que l'espace adulte ou l'espace enfant. Les ordinateurs ne sont pas disséminés un peu partout dans la médiathèque mais regroupés dans une salle à part, fermée, et dont un animateur est spécialement chargé de superviser. Ceci induit une différence forte. Il n'y a pas de livres dans la cyber-base, il n'y a pas d'outils de prêt ou de retour de documents non plus. Par ailleurs, alors qu'il faut un abonnement pour emprunter un livre ou un DVD, il ne faut qu'une carte « lecture sur place », complètement gratuite pour utiliser l'espace numérique. Ainsi, ce n'est pas tant la mise à disposition d'ordinateurs munis d'Internet qui est nouvelle, mais leur disposition dans l'espace de la médiathèque qui se révèle novatrice.

            Car cette configuration spéciale fait que les publics que touche la cyber-base ne sont pas forcément les publics que touchent les autres espaces de la bibliothèque. En effet, j'ai pu remarquer que nombre d'utilisateurs n'avaient jamais emprunter de documents à la médiathèque et qu'ils n'avaient fait faire une carte dans le seul but de pouvoir utiliser un poste informatique. Certains, au bout de quelques mois, ne sont jamais entrés dans l'espace adultes! Il m'est même arrivé de faire savoir à une dame qui vient très régulièrement depuis des mois que grâce à son statut de chômeuse elle avait droit à un abonnement multimédia (livres, CD, DVD...) complètement gratuit; abonnement auquel elle s'est empressé d'aller souscrire.

            Il existe une autre nouveauté, et de taille, propre à l'apparition de la cyber-base. C'est l'absence totale de barrières informatiques concernant la navigation sur Internet. Alors que des logiciels sont bloqués sur les ordinateurs utilisés dans les autres médiathèques, comme les sites pornographiques ou les réseaux sociaux par exemple, les utilisateurs jouissent d'une liberté totale lorsqu'ils utilisent les postes informatiques de la cyber-base. Ceci est rendu possible par le fait qu'un animateur est présent en permanence et qu'il assume donc le rôle de « policier » en surveillant les utilisations que font d'Internet les usagers. Mais cette liberté totale a surtout une conséquence majeure sur l'utilisation des postes: c'est le développement de pratiques dites de « loisirs ».

            J'ai constaté, surtout pour les enfants et les adolescents, que la cyber-base avait avant tout un attrait divertissant. En effet, dans l'immense majorité des cas et pour l'immense majorité des jeunes de moins de 18 ans, les usagers viennent à l'espace numérique public pour jouer, regarder des vidéos ou fréquenter les réseaux sociaux. J'ai fait un classement des utilisations les plus fréquentes concernant les jeunes. A la première place, et ceci concerne un public exclusivement masculin, on trouve le jeu de rôle en ligne Dofus. Un jeu qui ressemble énormément à World of Warcraft et qui propose au joueur de se créer un personnage et de le faire évoluer en se battant contre des monstres ou contre d'autres personnages. A la deuxième position, et ceci concerne majoritaire des filles mais aussi des garçons, on trouve le site cromimi.com. A la manière des tamagotchis, ce site Internet propose d'adopter et de faire évoluer des hamsters, des lapins ou des chats. Bien entendu, le réseau social Facebook occupe une place de choix mais, à mon grand étonnement, pas la première place. On peut expliquer cela par le fait que les plus jeunes n'ont pas le droit de s'inscrire sur Facebook avant un certain âge même si beaucoup d'entre eux bravent l'interdit en mentant sur leur date de naissance. Après ce podium, on trouve nombre d'utilisations comme le site de partage de vidéos youtube.com où ce sont essentiellement des clips vidéos qui sont regardés ou encore des sites de jeux en « flash » où l'on trouve des jeux proposant de touer des zombies ou de franchir des obstacles en courant ou en voiture. On le voit bien, ces utilisations sont très éloignées des traditionnelles consultations de catalogue de la bibliothèque ou de l'encyclopédie numérique Universalis. Ce classement uniquement quantitatif est bien entendu influencé par le fait que la majeure partie des usagers est composée d'enfants et d'adolescents. Si l'on prend en compte les adultes uniquement, on se rend compte que c'est d'abord la consultation et l'envoi de courrier électronique qui sont privilégiés, devant le réseau social Facebook. Viennent ensuite les sites d'offre d'emploi comme celui de Pôle emploi et les logiciels de traitement de texte comme OpenOffice ou Microsoft Word afin le plus souvent de réaliser des CV mais aussi dans le but de s'initier à l'écriture sur clavier.

            Bien entendu, la cyber-base permet aussi à nombre d'utilisateurs de faire des activités jugées plus « sérieuses ». Par exemple, grâce aux deux imprimantes présentes sur place, l'une couleur et l'autre noir et blanc, beaucoup d'enfants y réalisent leurs exposés. Ils recherchent d'abord des informations sur Wikipedia (une encyclopédie libre en ligne), cherchent ensuite des images sur Google Images (un moteur de recherche d'images sur Internet) qu'ils collent ensuite sur leur document texte et qu'ils envoient enfin à l'imprimante. Les adultes également mettent à profit les outils numériques en réalisant des CV sur un logiciel de traitement de texte et les imprimant ensuite ou en profitant d'Internet pour consulter les offres d'emploi. Mais ces utilisations, bien qu'elles existent, restent très marginales. Lors d'un après-midi, il peut très bien arriver que personne ne soit venu dans le but de réaliser ou d'imprimer un exposé, un CV, une offre d'emploi ou un devoir universitaire alors que pendant ce temps, une vingtaine de personnes ont utilisé les ordinateurs.

            On pourrait faire une comparaison avec les autres espaces de la médiathèque. Dans l'espace jeunes ou adultes, il existes des tables ou des chaises mais celles-ci ne servent qu'exclusivement à travailler avec ses propres livres ou cahiers ou avec ceux disponibles en rayons. En aucun cas il n'est permis de s'installer à table dans le but de discuter avec des amis. Les relations sociales sont donc très fortement limitées. Elles se confinent la plupart du temps dans une relation entre bibliothécaire et usager dans le but de lui venir en aide dans une recherche ou dans une interaction usager / usager mais seulement brève car non autorisée pour cause de bruit. A la cyber-base, le « climat social » est différent. D'abord parce que le fait de jouer à un jeu fait du bruit. Les enfants poussent des cris de joie lorsqu'ils gagnent, des soupirs lorsqu'ils perdent. Ils peuvent également jouer ensemble sur le même ordinateur ou en réseau avec les ordinateurs de la pièce comme sur Dofus par exemple. En outre, les relations avec l'animateur présent sur les lieux sont beaucoup plus poussées car l'animateur a un rôle de superviseur des pratiques, il surveille, il réprime, ainsi qu'un rôle de formateur. En effet, nombre d'utilisateurs lui demandent conseil pour se créer un compte sur un réseau social ou pour utiliser toutes les possibilités d'un logiciel de traitement de texte par exemple.

            Pour conclure, grâce à ces observation, on peut légitimement affirmer deux choses. Dans un premier temps, on peut voir que la mise à disposition nouvelle des savoirs permise par la mise en place de la cyber-base dans la médiathèque a profondément modifié les pratiques des usagers habituellement observables dans les bibliothèque. Ce n'est pas la présence d'ordinateurs reliés à Internet qui a changé les choses, mais la création d'une sale spécifique, réservée à l'usage libre et gratuit des nouveaux outils informatiques et numériques. Ces nouveautés ont bouleversé les pratiques des usagers en déplaçant le curseur vers les activités de loisirs. On observe que la majorité des utilisations se font dans un but de divertissement même s'il existe bien sûr des pratiques scolaires ou professionnelles. Dans un second temps, on peut observer que ce nouvel espace et ces nouvelles pratiques qui en découlent ont modifié les relations sociales internes à la médiathèque en les renforçant d'une part et en leur donnant plus de liberté d'autre part. Il apparaît assez pertinent à présent de nous demander si ce développement des pratiques divertissante est en accord avec la volonté de promotion et de diffusion des savoirs affichée par les institutions dont les médiathèques sont la charge.

            La question soulevée ici est de savoir si les pratiques des usagers décrites ci-dessus forment ce qu'on appelle un « savoir ». Dans son article, Joëlle Le Marec nous le rappelle, les bibliothèques sont « saisies par la volonté (…) de conserver, préserver et transmettre un patrimoine public et de former le citoyen ». Dans le cadre de la mise à la disposition d'ouvrages classiques de la littérature ou de chef-d'oeuvres du cinéma d'auteur, il n'y pas ou peu de critiques quant à cette définition. Les bibliothèques sont là dans le but d'aider les usagers dans leurs recherches documentaires et dans leur formation culture. Mais l'entrée de nouvelles pratiques beaucoup plus tournées vers le divertissement comme les jeux de rôle en ligne ou les réseaux sociaux amène un questionnement fort et légitime. Peut-on véritablement parler de savoir et de transmission de patrimoine lorsque l'on vient essentiellement pour jouer et se divertir? Je pense qu'il est possible de répondre favorablement à cette question à travers mon travail d'observation.

            Mais afin de pouvoir parler de transmission de savoirs, il faut accepter l'axiome suivant: la savoir-faire numérique est un savoir au même titre que la culture littéraire ou musicale. Il est certes compliqué d'essayer de prendre un recul théorique sur un objet relativement nouveau. Rappelons qu'Internet ne s'est véritablement démocratisé qu'à partir des années 2000. Néanmoins, il est  raisonnablement possible aujourd'hui de parler de savoir à part entière pour désigner le numérique puisqu'il existe des formations universitaire à ses métiers et que ce dernier prend de plus en plus de place dans notre société. D'ailleurs, une part de plus en plus importante des ouvrages littéraires et des oeuvres musicales sont vendus sous forme numérique aujourd'hui. Si l'on considère donc que les compétences numériques forment un savoir, alors il est possible de tenter de démontrer que les utilisations de la cyber-base contribuent à la formation des savoirs. L'utilisation des jeux en ligne, des réseaux sociaux, des courriers électroniques ou des sites de partage de vidéos contribuent tous, à leur niveau, au développement des savoirs numériques. Les usagers apprennent à utiliser un navigateur internet, à comprendre le fonctionnement d'un serveur, à écrire sur un clavier, à utiliser une souris...

            Il y a un autre aspect important qu'il ne faut pas négliger: c'est la pratique de l'écriture. Car bien que les pratiques des usagers se concentrent sur des jeux, j'ai remarqué que pour nombre d'entre eux, la pratique de l'écriture prenait une place importante. En effet, la place du « chat » dans les pratiques est assez forte. Que ce soit avec Dofus, Facebook ou l'envoi de courriers électroniques, beaucoup de jeux ou de sites permettent aux usagers de communiquer avec des tiers, au moyen de l'écriture. Alors certes, il est possible de faire remarquer que l'écriture est souvent faite d'abréviations et de fautes d'orthographe mais il ne faut pas oublier qu'un animateur est présent dans la cyber-base et qu'il pousse, voire oblige, quand ce sont des enfants, les usagers à écrire de façon correcte, sans faute d'orthographe. Les jeux deviennent ici une formidable passerelle pour une pédagogie de l'écriture, pour expliquer aux enfants que s'ils veulent se faire respecter sur Facebook ou sur Dofus, il doivent écrire correctement. Cette notion de « passerelle » est d'ailleurs centrale à un autre niveau.

            La cyber-base, nous l'avons mentionné plus haut, permet de toucher un public nouveau, différent, qui n'utiliserait probablement pas les services de la médiathèque si celle-ci ne comportait pas d'espace numérique. La cyber-base peut donc servir d'« accroche », de passerelle vers les autres services proposés par la médiathèque. Par exemple, il m'est arrivé très souvent d'avoir des lycéens effectuant un travail de recherche sur Internet. Quand je regardais ce qu'ils trouvaient, je les informais qu'ils pouvaient trouver beaucoup plus d'informations de bien meilleure qualité s'ils allaient consulter les encyclopédies et les ouvrages présents en section adultes. Bien souvent, cela me permettait de leur faire découvrir des collections comme la collection Que sais-je ou des revues comme Jeune Afrique ou Alternatives Economiques par exemple. L'abonnement étant gratuit pour les mineurs, il arrive très régulièrement que des lycéens s'inscrivent suite à cela. La cyber-base joue donc un rôle de passerelle fort entre l'extérieur et la mise à disposition traditionnelle des savoirs propres aux bibliothèques.

            Pour conclure, il est donc possible de répondre de manière favorable à la question de savoir si les pratiques observées au sein de la cyber-base forment une transmission et une formation des savoirs. A condition de considérer la compétence numérique à part entière, on ne peut dénier l'importance évidente que représente ce lieu pour la formation des publics à l'exercice du numérique. En outre, ce n'est pas parce que les usagers se divertissent qu'ils ne pratiquent pas les savoirs traditionnels comme l'apprentissage de l'écriture par exemple. Enfin, la cyber-base agit comme une passerelle vers le savoir plus traditionnel que représente la littérature.

 

         Conclusion

 

            En conclusion de ce travail, deux affirmations se dégagent. L'apparition de la cyber-base dans le paysage des bibliothèques municipales d'Asnières-sur-Seine a conduit au développement de nouvelles pratiques culturelles beaucoup plus tournées vers les loisirs et les divertissements de la part des usagers. Les jeux, les sites de partages de vidéos ainsi que les services relationnels sont majoritairement utilisés alors que traditionnellement, c'est pour consulter ou emprunter des ouvrages qu'on vient dans une bibliothèque. Ces nouvelles pratiques nous amènent à nous interroger sur son adéquation avec la mission originale de la bibliothèque: la promotion et la mise à disposition des savoirs au publics.

            Il nous a été possible de montrer que les nouvelles pratiques culturelles propres à la cyber-base pouvaient être en accord avec la mission de service public de la bibliothèque pour trois raisons. Le numérique et son apprentissage peuvent constituer une forme de savoir. Les savoirs « traditionnels » continuent d'être transmis dans les nouvelles pratiques culturelles observées. Enfin, la cyber-base joue le rôle de passerelle vers les autres savoirs disponibles dans la médiathèque.

             Las Vergnas Olivier , « Nos sociétés peuvent-elles prendre le « gai savoir » au sérieux ? » Formation continue et pratiques culturelles des adultes : transgression du clivage travail/loisirs, Savoirs, 2006/2 n° 11, p. 65-85.

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Par Julien
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 14:05

VI. Analyse de la stratégie.

 

1 .L’analyse de la stratégie.

 

A.     La politique stratégique

 

Le groupe Ipsos est dédié à une seule activité, celle des études par enquêtes auprès des individus, aujourd’hui il est le cinquième groupe mondial dans ce domaine. Dans ce paragraphe nous allons analyser quelles sont leurs stratégies adoptées, pour se développer dans touts les secteurs des spécialisations et dans tous les marchés exercés au niveau mondial.

L’objectif du Groupe est de réaliser des études par différents moyens, afin d’aider les entreprises à comprendre leurs marchés, les besoins de leurs clients et afin de prendre les bonnes décisions. Les objectifs sont ainsi d’acquérir les informations complètes, par différents moyens tels que les sondages, enquêtes, interviews ou les outils informatiques. Une stratégie de spécialisation des activités avec des groupes d’experts est par ailleurs développée pour délivrer à ses clients le meilleur service. Pour obtenir la confiance des clients, Ipsos développe non seulement des équipes expertes pour avoir une bonne qualité de service, mais aussi la relation avec ses clients, la ligne de métier « Ipsos Loyalty » est d’ailleurs dédiée à ce sujet.

Ensuite, la capacité d’analyser et de transformer les informations disponibles est développée afin de les rendre opérationnelles aux clients. Pour acquérir des informations dans tous les domaines, se tourner vers la mondialisation est inévitable, dans le but de se développer au niveau international et mondial. Le groupe vise une politique d’acquisition ciblée, sur tous les grands marchés, pour avoir une présence forte dans les pays du monde, notamment les pays émergents; par acquisition mais aussi via l’achat d’intérêts minoritaires d’entreprises dans les pays où le groupe souhaite s’implanter.

Par ailleurs, le groupe Ipsos a aussi une politique de fidèlisation de la clientèle, le programme Grands Comptes, afin de maintenir la relation avec les clients principaux, et pour développer des relations profitables et durables avec ses grands clients. Un directeur Grand Compte responsable de l’ensemble de la relation dirige une équipe composée d’experts dans chaque spécialisation d’Ipsos. Ces stratégies constituent la base de la croissance du groupe.

 


2. L’analyse concurrentielle de l’entreprise (environnement externe)

Pour se distinguer de ses concurrents notamment sur le marché mondial avec Nielsen, Secodip, la Sofres et BVA, le Groupe Ipsos se développe dans tous les domaines concernant le travail du secteur. Aujourd’hui, le Groupe à des spécialisations bien réparties pour mieux travailler avec ses clients, aider les clients à comprendre le marché et leurs besoins.

 

La stratégie mercantile principale  est de développer différentes spécialisations. Ces ligne des métiers dans le groupe sont : Ipsos ASI (The Advertising Research Spécialists) pour mesure de l’efficacité publicitaire ; Ipsos Marketing pour innovation et marketing ; Ipsos Media CT (the Media, Content and Technology Research Specialists) pour études de médias et innovation technologique ; Ipsos Public Affairs pour études d’opinion et recherche sociale ; Ipsos Loyalty pour la gestion de la relation-client et la relation salarié, Ipsos Global Operations pour les recueils et traitement des données. En plus de ses six spécialisations, le Groupe Ipsos a créé une nouvelle structure en 2010, Ipsos Open Thinking Exchange, dédiée à la recherche et au développement. Toutes les spécialisations du groupe s’associent pour donner des résultats qui couvrent tous les domaines du marché.

La société mère Ipsos SA a un rôle de gestion des participations et assure la gestion de la marque. Une politique active de partenariat avec les grands médias aide à développer l’image du groupe. Pour fidéliser la clientèle, le groupe adopte une politique qui garantie une rémunération attractive aux managers, parce que le départ d’un manager clé peut conduire à la perte de la clientèle, ce qui constitue un risque pour le groupe, les relations commerciales reposant fortement sur la qualité des relations entre les managers et leurs interlocuteurs. Pour fidéliser la clientèle, la politique principale du groupe est de garantir la qualité des services par des contrats de confiance par rapport à ses concurrents.



3. L’analyse de la politique sectorielle de l’entreprise notamment de la stratégie de recherche et développement

 

Etant un groupe qui travaille avec des milliers de clients à travers le monde, la stratégie de recherche et développement s’appuie, sur le plan international, sur des mesures adoptées variant selon les pays et les cultures. L’objectif essentiel d’Ipsos est d’aider ses clients à mieux connaître les individus, leurs comportements, leurs façons de penser, leurs goûts, leurs modes de consommation envers tels services ou tels produits, et à mieux comprendre l’évolution des marchés.   

Pour atteindre ces buts, Ipsos continue à se développer dans le domaine technologique, en déployant de nouveaux services liés à la convergence numérique mondiale, et en même temps en formant un groupe complète et multi-spécialisé pour ses clients; notamment par acquisition ou rachat d’action. Un exemple, en 2010 Ipsos a créé une nouvelle structure : Ipsos Open Thinking Exchange, acquise de la Société américaine OTX. Cette société est dédiée à la recherche et au développement. OTX est une société spécialisée dans les études online et les médias sociaux. L’objectif de cette acquisition est d’aider à développer des compagnes de communication numériques, la mise en place d’un meilleur accès aux interviewés, l’accompagnement aux efforts de développement des nouveaux produits et services, et enfin pourvoir transférer les informations obtenues via les réseaux sociaux aux clients, pour qu’ils soient opérationnels et accessibles. Cette structure aide à créer une relation plus profonde avec les clients et leur donner des solutions innovantes pour répondre aux nouveaux besoin mais également pour tester et créer de nouveaux produits pour les marchés inconnus. Toutes ces actions s’opèrent avec les autres spécialités du groupe.

Le plan de développement du groupe Ipsos pour 2011 s’articule autour de quatre thèmes principaux : 1. Renforcer les équipes et améliorer la qualité de service, développer le programme d’Ipsos Global PartneRing 2. L’augmentation du montant des rémunérations variables, la distribution d’actions gratuites et la mis en place d’un Fond IPS 2009(Ipsos Partnership Fund) 3. Les nouveaux services développés par Ipsos Open Thinking Exchange. 4. Pour la croissance externe, qui est l’objectif fondamental du Groupe, l’objectif visé est de créer des filiales dans les pays émergents et réaliser des acquisitions ciblées.

            L’abondance des informations disponibles est essentiel pour Ipsos, mais pas suffisant pour développer les marchés. C’est la pertinence et la valeur d’usage des ressources qui fait la différence avec les autres concurrents.     


 

4. L’analyse de la stratégie d’internationalisation de l’entreprise

En 1989, Ipsos est devenu le cinquième groupe mondial des sociétés d’études par enquêtes, derrière Nielsen, Secodip, La Sofres et BVA. Comme toutes les grandes entreprises internationales, Ipsos a l’ambition de développer ses marchés sur touts les continents, parce que la croissance externe est un vecteur essentiel du groupe. A l’aide d’Ipsos Observer et d’Ipsos Open Thinking Exchange, le groupe vise des acquisitions ciblées notamment dans zones à forte croissance comme le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie-Pacifique. Une telle stratégie comporte des risques, ces différents marchés sur lesquels le groupe Ipsos intervient sont sensibles à l’évolution de la conjoncture économique, l’incertitude au niveau économique influence les choix des décideurs, mais c’est sur ces pays où le marché contribue significativement à la croissance de la demande d’études de marché, et la disposition géographique des activités et le positionnement multi-spécialiste du groupe permet une bonne capacité de résistance en cas de dégradation localisée de la conjoncture.

Le groupe est présent actuellement dans 67 pays du monde. Il est donc essentiel pour lui d’adopter la culture et les règlementations de chacun de ses pays. En même temps, une direction du développement est développée pour identifier des cibles de croissance externe et sécuriser avec la direction financière et la direction juridique les opérations de croissance externe entreprises par le groupe.

 


5. L’analyse de la politique de développement de l’entreprise

 

Le groupe confirme sa stratégie de croissance et réaffirme son objectif : assurer une croissance industrielle continue, interne et externe, principalement par acquisitions ciblées au niveau mondial. La croissance par acquisition reste un élément clé de la stratégie du groupe. La ligne Ipsos Global Operations, qui recueille et traite les données obtenues par le groupe depuis sa création, a une base de donnée fiable non seulement pour les clients mais aussi pour le développement interne du groupe. Les intégrations des nouvelles acquisitions et les difficultés d’intégration à l’organisation et à la culture du groupe peuvent présenter des coûts trop élevés donc la préparation et l’adéquation de l’intégration est une politique essentielle pour le développement interne. Les équipes de management régionales sont chargées d’organiser et de veiller à la bonne intégration. De plus, la société mère-Ipsos SA est capable de supporter des frais supplémentaires.

A part les acquisitions, le groupe vise aussi à se développer de manière technologique. Le succès du groupe dépend de la capacité à améliorer l’efficacité et la fiabilité de ses services sur le marché concerné, pour ne pas être en retard ou en difficulté en introduisant ou commercialisant des nouveaux services. Le groupe a créé des fonds pour renouveler les infrastructures afin de pouvoir adopter des changements rapides au niveau technologique. Mais comme le groupe Ipsos travaille essentiellement sur des études, le système informatique utilisé à leur confection est extrêmement important. Un dysfonctionnement des systèmes informatiques pourrait avoir les résultats négatifs comme la perte des résultats d’une enquête, l’indisponibilité des bases de données etc.

En pratique, le groupe tend à limiter ce risque par l’utilisation de systèmes et de logiciels standards du marché qui sont répartis sur plusieurs sites, la mise en place de sauvegardes ou récupération des bases de données clés et la possibilité de transférer l’activité sur ses autres sites en cas de problème. En outre, la majorité des sites sont liés aux Ipsos data center en utilisant des protocoles encryptés sur internet et chaque accès à internet depuis les sites d’Ipsos est protégé par des logiciels de sécurité. Une politique de mise à jour automatique des logiciels de sécurité et d’antivirus sur toutes les machines qu’une protection des technologies de l’information et des systèmes sont établies afin de superviser les procédures de gestion des risques concernant la sécurité des informations et la protection des données.

Avec une telle politique, Ipsos a connu une croissance organique annuelle moyenne de 7,9 % depuis 1999. Selon les observateurs, le marché des études devrait croître de 5% ou plus en 2011, Ipsos prévoit de progresser plus vite et de porter sa marge opérationnelle à 11% au moins.



6. L’analyse de la gouvernance

 

Les activités opérationnelles du groupe Ipsos sont exercées à travers les filiales d’Ipsos SA, avec une organisation par ligne de métiers et par zone géographique.

Le groupe a mis en œuvre une système de contrôle pour maîtriser les risques au détriment du développement interne, pour éviter les risques d’erreur ou de fraude, en particulier dans les domaines financiers et comptables, des mesures sont par ailleurs prises pour veiller à ce que les acte de gestion ou de réalisation des opérations et les comportements du personnel s’inscrivent dans un cadre défini par les organes sociaux, par les lois et règlements applicables et par les règles internes de l’entreprise.

L’outil d’analyse stratégique SWOT

 

Le but de l’analyse est de prendre en compte dans la stratégie, à la fois les facteurs internes et externes, en développant les potentiels des forces et des opportunités et en réduisant les effets des faiblesses et des menaces. C'est la confrontation entre les deux résultats établis grâce à l'analyse SWOT (résultats du diagnostic externe et du diagnostic interne), qui va permettre d'alimenter l'étape suivante de formulation des options stratégiques.

Conduire une analyse SWOT consiste à effectuer deux diagnostics : un diagnostic interne, qui identifie les forces et les faiblesses du domaine d'activité stratégique, Il peut s'agir par exemple du portefeuille technologique, du niveau de notoriété, de la présence géographique, du réseau de partenaires, de la structure de gouvernement d'entreprise…etc. Et un diagnostic externe, qui identifie les opportunités et les menaces présentes dans l'environnement. Celles-ci peuvent être déterminées à l'aide d'une série de modèles d'analyse stratégique, Il peut s'agir par exemple de l'irruption de nouveaux concurrents, de l'apparition d'une nouvelle technologie, de l'émergence d'une nouvelle réglementation, de l'ouverture de nouveaux marchés, etc.

            Le résultat produit par cet outil d’analyse aide à établir des stratégies éfficaces et aux dirigeants de prendre des bonnes décisions.



SWOT

 

Interne

 

Externe

 

Positif

Strenght (Forces) :


-Qualité des équipes et des services,

-Expertise liée à la stratégie de spécialisation

-Présence forte dans les principaux marchés émergents

-Attention apportée à la relation avec les clients
-Système de gestion de risque

Opportunities (Opportunités) :

-Présence dans les pays émergents notamment en Moyen-Orient et en Asie
-Expansion des nouvelles services

Négatif

Weaknesses( Faiblesses) :

-Sensible à la conjoncture économique

- La sécurité et développement de système informatique

Threats (Menaces) :

-Changement de climat économique(la crise financière)
-Changement de la loi concernant informatique ou travail
-
Etre racheté par des autre groupes


Conclusion

 

            Pour conclure, Ipsos est une société ancienne pour son secteur d’activité car elle est âgée de presque quarante année. De racines plutôt françaises au départ, la société s’est très vite développée à l’internationale, notamment aux Etats-Unis d’abord et dans les pays émergents ensuite. La particularité d’Ipsos, et ce depuis sa création, c’est de s’être positionnée sur les enquêtes d’opinion à destination des entreprises, et non uniquement à destination de la sphère politique et médiatique. Par cela, elle se démarque par exemple d’une société comme l’Ifop.
            Aujourd’hui présent dans 67 pays répartis sur l’ensemble du globe, le groupe Ipsos doit faire face à une concurrence très rude. Leader en France mais occupant seulement la cinquième position des société d’études par enquête au niveau mondial, Ipsos n’occupe actuellement que 5% d’un marché estimé à plus de 30 milliards de dollars. Les perspectives de croissance sont donc énormes, mais gare au rachat. En effet, face au groupe français, se trouve des concurrents potentiellement très dangereux comme le groupe Nielsen par exemple.
            En outre, le secteur des études par enquête étant un secteur d’activité à forte valeur ajoutée (comme en témoigne notre analyse financière dans le troisième chapitre), Ipsos doit faire preuve d’une activité de veille importante en matière technologique et renouveler sans cesse ses efforts en matière de recherche et développement. D’ailleurs, comme l’a montré le chapitre quatre portant sur la stratégie de l’entreprise, le rachat de sociétés à la pointe de l’innovation constitue pour le groupe une arme face à la concurrence en matière de recherche et développement.
            Globalement, les résultats du groupe ces dernières années sont bons, voire très bons. Pourquoi? Parce que le chiffre d’affaires, la marge brute, la valeur ajoutée ou encore l’excédent brut d’exploitation sont en hausse par rapport à 2010. Les flux de trésoreries sont positifs, on peut même parler de ressource en fonds de roulement. Bien sûr, tous ces résultats sont à tempéré au regard du bilan annuel 2009 qui reflète la crise économique qui a touché l’ensemble de l’économie mondiale. Même si le groupe a su rattrapé son retard causé par la crise, l’impact de cette dernière sur la santé financière du groupe nous montre qu’Ipsos est particulièrement fragile à la conjoncture économique. Basée sur une clientèle d’entreprise et sur un secteur fragile en temps de crise qu’est le secteur de la communication et du marketing, l’activité du groupe Ipsos paraît bien dépendante de la santé de ses clients et du secteur de la communication en général.
            Néanmoins, comme nous avons pu le constater dans les chapitre trois et quatre en analysant le groupe et ses filiales ainsi que leurs stratégies économique et de développement, Ipsos a su se diversifier et s’internationaliser avec succès. Ainsi, il se protège au moins en partie des aléas de la conjoncture économique. Parallèlement, le regain d’énergie observé sur l’année 2010 montre qu’Ipsos est capable de gérer une diminution significative de son activité sans tomber dans la difficulté et qu’elle sait, de manière assez rapide et efficace, remonter la pente et renouer avec ses objectifs initiaux.
            Une autre force du groupe mérite d’être soulignée: son capital. Détenue pour la majore partie par la société holding Lt Participations, le groupe Ipsos ne souffre donc pas d’un problème de gouvernance. Cet aspect est d’autant plus renforcé que les possesseurs de Lt Participations sont les principaux dirigeants et fondateurs du groupe.
            Une direction et un capital stable, des résultats économiques performants, une présence à l’internationale efficace et une politique en recherche et développement active sont les bons points du groupe. Des qualités que l’on peut tempérer, pour conclure, par quelques défauts comme la petite taille du groupe par rapport à ses concurrents directs et une vulnérabilité significative à la conjoncture économique.

 

 

 

Sources :

 

Rapport Annuel 2010

 

Rapport annuel 2009

 

http://www.jdf.com

 

http://www.e-marketing.fr

 

Syntec Etudes Marketing

 

http://chohmann.free.fr/strategie1.htm

 

http://www.strategie.gouv.fr/

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_strat%C3%A9gique

Par Julien
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 14:02

 

III. Analyse financière.

 

            Maintenant que nous nous sommes penchés sérieusement sur me cadre institutionnel du groupe et que nous avons pris le temps d’analyser les marchés qu’il occupe, il apparaît judicieux de s’attarder sur l’état financier d’Ipsos.

 

1.      Analyse des états comptables.

 

            Afin de pouvoir rendre compte de la manière la plus appropriée de la situation financière du groupe Ipsos, nous ferons une analyse comptable à partir des trois derniers exercices comptables du groupe. Ceci nous permettra, entre autres, d’avoir un recul suffisant dans le temps. Commençons par une analyse des comptes de résultats.

            Le compte de résultats réunit les charges et produits d’exploitation, les charges et produits financiers et les charges et produits exceptionnels. [1] Voici les comptes de résultats du groupe Ipsos de 2006 à 2010 (ceux-ci étant publiés en décembre, nous n’avons pas encore ceux de 2011).[2]

 

Comptes de résultats de 2006 à 2010 (en milliers d’euros)


Les chiffres de ce tableau sont à multiplier par 1000 pour avoir le chiffre réel donc 857 311 est égal à: 857 311 x 1000 donc 857 311 000 euros, soit 857,311 millions d’euros.
                                            
 

 

12/06

12/07

12/08

12/09

12/10

Chiffre d'affaires

857 311

927 218

979 293

943 679

1 140 815

Produits des activités ordinaires

857 311

927 218

979 293

943 679

1 140 815

Résultat opérationnel

77 112

87 326

95 980

86 805

116 330

Coût de l'endettement financier net

-11 303

-11 344

-12 258

-9 669

-15 333

Quote part resultats des Sociétés M..

-

-

-

-

124

RN des activités abandonnées

-

-

-

-

-

Résultat net

43 474

52 362

57 632

58 431

72 798

Résultat net (part du groupe)

39 543

46 686

51 483

52 712

66 234

 

            Le chiffre d’affaires du groupe Ipsos est passé de 857,311 millions d’euros en 2006 à 1 140,815 millions d’euros en 2010, soit une progression de 33%. Le chiffre d’affaires a constamment progressé d’année en année excepté en 2009 où celui-ci était de 943,679 millions d’euros alors qu’il était de 979,293 millions d’euros en 2008, soit une baisse d’environ 4%. On peut toutefois avancer que cette baisse du chiffre d’affaire en 2009 est due à la crise financière qu’a connu l’ensemble de l’économie à cette époque.

 

Chiffre d’affaire en millions d’euros de 2006 à 2010.

 

Des difficultés d'affichage ne nous permettent malheureusement pas d'afficher ce tableau.


            Passons maintenant à l’analyse des soldes intermédiaires de gestion. Les soldes intermédiaires de gestion désignent, entre autres, la marge commerciale, la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation, le résultat d’exploitation et le résultat net.

La marge commerciale (ou marge brute) se calcule en retranchant du chiffre d’affaires les coûts directs, variables et externes liés à l’exécution des contrats. En 2008, celle-ci était de 602,5 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 979,3 millions d’euros (soit 61,5% du chiffre d’affaires)[3]. En 2010, la marge commerciale atteint 722,7 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 1140,8 millions d’euros, soit 63,4% du chiffre d’affaires). On peut donc constater que la marge commerciale a cru de 2008 à 2010 en passant de 61,5 à 63,4% du chiffre d’affaires.

La valeur ajoutée est égale à la marge commerciale moins les consommations en provenance de tiers.

 

Valeur ajoutée 2008:

 

Marge commerciale 2008: 602,5 millions d’euros.

Fournisseurs et comptes rattachés 2008: 128,590 millions d’euros.

Donc la valeur ajoutée de 2008 est égale à 602,5 - 128,590, soit 473,91 millions d’euros.

Valeur ajoutée 2010:

 

Marge commerciale 2010: 722,7 millions d’euros.

Fournisseurs et comptes rattachés 2010: 143,073.

Donc la valeur ajoutée de 2010 est égale à 722,7 - 143,073, soit 579,427 millions d’euros.

 

            On constate que la valeur ajoutée a progressé de 473 à 579 millions d’euros de 2008 à 2010, soit une croissance de près de 22%. Le chiffre d’affaires ayant progressé de 16% sur la même période, c’est un signe encourageant qui souligne que la valeur ajouttée a cru plus vite que le volume des ventes.

    L’excédent brut d’exploitation (EBE) est obtenu en retirant les charges de personnel et les impôts et en ajoutant les subventions à la valeur ajoutée. [4]

 

EBE 2008:[5] 

 

Valeur ajoutée 2008: 473,91 millions d’euros.

Charges de personnel 2008: 362,825 millions d’euros.

Impôts 2008: 24,101 millions d’euros.

Subventions: non communiqué.

Donc l’EBE de 2008 est égal à 473,91 - (362,825 + 24,101), soit 86,984 millions d’euros.

 

EBE 2010:

 

Valeur ajoutée 2010: 579,427 millions d’euros.

Charges de personnel 2010: 441,406 millions d’euros.

Impôts 2010: 27,640 millions d’euros.

Donc l’EBE de 2010 est égal à 579,427 - (441,406 + 27,640), soit 110,381 euros.

 

            En comparant l’excédent brut d’exploitation de 2008 et celui de 2010, on peut constater une augmentation de 27%.

 

            Le résultat d’exploitation peut être rapproché du résultat opérationnel présent dans notre tableau. Il était de 95,980 millions d’euros en 2008 pour 116,33 millions d’euros en 2010. Il a donc progressé de 21% entre 2008 et 2010. Ceci nous signale que la part des charges salariales a diminué sur cette période puisque le résultat opérationnel a augmenté plus vite que la valeur ajoutée et que le résultat opérationnel est obtenu notamment en calculant la valeur ajoutée moins les charges salariales.

            Comme nous le montre notre tableau, le résultat net du groupe Ipsos est passé de 57,632 millions d’euros en 2008 à 72,798 millions d’euros en 2010, soit une progression de 26%. Le résultat net détermine notamment la capacité d’autofinancement d’une entreprise, celui-ci ayant considérablement augmenté et malgré la crise de 2009, on peut juger ce résultat satisfaisant pour le groupe.

            Afin de compléter notre analyse financière, il est utile à présent de se pencher sur le bilan comptable du groupe Ipsos, notamment sur son évolution depuis 2008.

 

Bilans comptables de 2006 à 2010 (en milliers d’euros)

 

 

12/06

12/07

12/08

12/09

12/10

Ecart d'acquisition

566 022

564 847

592 244

623 712

716 926

Immobilisations incorporelles

23 931

28 741

33 215

33 450

38 120

Immobilisations corporelles

26 422

25 289

27 813

24 381

26 664

Actifs financiers non courants

3 128

3 124

3 421

5 053

6 948

Stocks et travaux en-cours

-

-

-

-

-

Créances clients et comptes rattach..

273 539

289 409

300 176

315 707

349 494

Autres actifs

52 073

52 969

55 627

62 224

56 747

Trésorerie et équivalents de trésor..

63 596

83 170

92 404

68 157

150 015

Total actif

1008 711

1047 549

1104 900

1132 684

1344 914

Capitaux propres

436 159

467 812

449 872

523 050

627 937

Provisions pour risques et charges ..

9 206

9 734

8 651

8 818

10 157

Dettes financières non courantes

237 406

199 732

136 887

221 671

276 949

Dettes financières courantes

17 114

43 996

167 805

37 826

58 952

Fournisseurs et comptes rattaches

132 173

122 143

128 590

124 975

143 073

Autres passifs

176 281

187 707

212 175

216 344

227 846

Total passif

1008 711

1047 549

1104 900

1132 684

1344 914

 

Voici quelques ratios:[6]

 

 

12/06

12/07

12/08

12/09

12/10

Résultat net part du groupe par act..

1,25

1,46

1,60

1,62

1,00

Résultat net part du groupe dilué p..

1,21

1,43

1,59

1,60

1,00

Marge opérationnelle

8,99

9,42

9,80

9,20

10,20

Rentabilité Financière

9,97

11,19

12,81

11,17

11,59

Ratio d'endettement

43,77

34,32

47,19

36,58

29,60

 

            Le ratio d’endettement correspond au total des passifs en fonction des avoirs des actionnaires.[7] Il est passé de 43,77 en 2006 à 29,60 en 2010. Même s’il a dépassé son niveau initial en 2008 avec une valeur de 47,19, le ratio d’endettement a baissé de 32% sur la période 2006-2010.

            La rentabilité financière mesure le rendement d’un euro investi par un actionnaire dans l’entreprise en divisant le résultat net par les capitaux propres moins le résultat net.[8] Ce ratio est passé de 9,97 en 2006 à 12,81 en 2008 avant de diminuer jusqu’à 11,59 en 2010. Même si la rentabilité financière n’est plus à son niveau de 2006, elle a quand même augmenté de 16% entre 2006 et 2010.

            Pour ce qui est de la capacité d’autofinancement, c’est-à-dire la capacité pour l’entreprise de financer elle-même les investissements et l’amortissement, le montant a augmenté sur les trois derniers exercices. En effet, celle-ci était de 114,117 millions d’euros en 2008 pour 141,111 millions d’euros en 2010. Encore une fois, bien que la CAF (pour Capacité d’Autofinancement) ait été réduite en 2009 (107,290 millions d’euros), elle a tout de même augmenté de 24% entre 2008 et 2010.

            Les flux de trésorerie provenant de l’exploitation sont passé de 69,198 millions d’euros en 2008 à 93,340 millions d’euros en 2010, soit une variation de +34%. Ces chiffres nous indiquent que le groupe Ipsos a accru son indépendance vis-à-vis des créanciers extérieurs depuis 2010, ce qui est plutôt encourageant.

            En revanche, les flux de trésorerie affectés aux investissements ont baissé de 27% (89,601 millions d’euros en 2008 contre 69,194 millions en 2010) même s’ils ont fortement augmenté au regard de l’année 2009 (environ 39 millions d’euros), l’année 2009 étant exceptionnelle en raison de la conjoncture économique. Ipsos n’a donc pas encore rattrapé son retard sur l’année 2008.

            Globalement, de 2008 à 2010, le groupe Ipsos a un besoin de fonds de roulement négatif (-13,454 millions d’euros en 2010). On peut donc parler de ressources en fonds de roulement. C’est un bon point pour l’entreprise puisque celle-ci n’est pas obligée de puiser dans son fonds de roulement pour financer des emplois à court terme.

Pour aller  jusqu’au bout de l’analyse financière, il nous faut nous attarder sur l’analyse de la composition du capital du groupe Ipsos.

 

2.      Analyse de la composition du capital de l’entreprise.

 

Au 31 décembre 2010, le capital social d’Ipsos était réparti ainsi :[9]

 

 

Actions

        %     

Droits de vote (1)

        %    

LT Participations  

9 204 344

26,97%

18 408 688

41,39%

SG Capital Développement  

389 600

1,14%

779 200

1,75%

SALVEPAR  

497 360

1,46%

994 720

2,24%

Salariés  

480 080

1,41%

638 777

1,44%

Auto détention  

11 698

0,03%

---

---

Public  

23 547 205

68,99%

23 656 655

53,19%

Total  

34 130 287

100%

41 478 040

100%

 

Comme le montre ce tableau disponible sur le site internet du groupe, le capital social du groupe Ipsos est réparti en six actionnaires ou groupes d’actionnaires. On peut constater que son actionnaire majoritaire est la société Lt Participations. Cette société est une holding non côtée en bourse détenue à 67% par Jean-Marc Lech et Didier Truchot, respectivement vice-président et président du conseil d’administration du groupe Ipsos. Le reste des titres de cette holding appartiennent à la Société Générale et la société Eurazeo. Les deux co-présidents effectifs du groupe Ipsos sont donc les deux actionnaires majoritaires de la société, ils détiennent, par l’intermédiaire de leur holding, 27% des actions et 41% des droits de vote du groupe Ipsos.

Les autres actionnaires sont extrêment minoritaires et possèdent aux alentours de 1% du capital. On compte ainsi une filiale de la Société Générale (SG Capital Developpement) et la société Salvepar. Les salariés forment un groupe d’actionnaire de la même taille.

Par ailleurs, le capital social du groupe Ipsos est détenu pour une très large part par le public qui représente tout de même 69% de l’ensemble du capital. C’est même cet ensemble de petits actionnaires qui détient la majorité des droits de vote (53%). Seulement, ce groupe est éparpillé entre des milliers de petits porteurs et leur pouvoir de décision est donc minime.

Le groupe Ipsos comprend Ipsos SA (la maison mère) et ses filiales.# Les filiales sont organisées par ligne de métier et zone géographique. Le groupe Ipsos est donc composé de Ipsos group, Ipsos (France), Ipsos Mori Uk Ltd, Market and Opinion Research International Ltd, Ipsos ASI LLC et Ipsos Brasil Ltda. Le groupe Ipsos comprend donc six principales filiales en plus de la société mère. Nous allons les détailler ici.

 

Ipsos SA (la société mère):

 

C’est la société mère du groupe Ipsos, elle n’a pas d’activité commerciale proprement dite. Elle définit les orientations et les stratégies du groupe. C’est cette société qui est propriétaire de la marque Ipsos et de son logo et qui en concède l’usage en contrepartie d’une redevance (2% du chiffre d’affaires externe des filiales).

 

Ipsos group (la direction):

 

            Ipsos group est un groupement d’intérêt économique de droit français dont le siège social est situé à Paris. Cette fialiale centralise les directions fonctionnelles et rassemble les effectifs de gestion du groupe. Ipsos group offre des prestations de services à d’autres filiales du groupe comme la direction, la gestion, la stratégie, le financement, les ressources humaines et les compétences juridiques). On peut dire que c’est la filiale chargée de la direction du groupe.

 

Ipsos (France):

 

            Ipsos (France) est une société par action simplifiée de droit français dont le siège social est le même que pour Ipsos group. L’ensemble du capital de la filiale (100%) est détenu par Ipsos SA. Ipsos (France) réalise des études par enquête dans toutes les lignes de métiers du groupe.

 

Ipsos Mori UK Ltd:

 

            Ipsos Mori UK Ltd est une société à responsabilité limitée de droit anglais dont le siège social est situé à Londres. Comme Ipsos (France), cette société est détenue à 100% du capital par la société mère Ipsos SA et réalise des études par enquête dans toutes les lignes de métiers du groupe. C’est la version anglaise d’Ipsos (France).

 

Market and Opinion Research International Ltd:

 

            Market and Opinion Research International Ltd est une société à repsonsabilité limitée de droit anglais dont le siège social est situé à Londres mais pas au même endroit que la filiale Ipsos Mori UK Ltd. Cette filiale est détenue à 100% du capital par Ipsos SA et a la même activité qu’Ipsos Mori UK Ltd.

 

Ipsos ASI LLC:

 

            Ipsos ASI LLC est une société à responsabilité limitée de droit de l’état du Delaware aux Etats-Unis. Elle est détenue intégralement par Ipsos SA et réalise des études par enquête dans toutes les lignes de métiers du groupe.

 

Ipsos Brasil Ltda:

 

            Ipsos Brasil Ltda est une société à responsabilité limitée de droit brésilien dont le siège social est situé à Sao Paulo, au Brésil. Tout comme les filiales anglaises et américaines du groupe, elle est détenue par Ipsos SA et réalise des études par enquêtes.

            Le groupe Ipsos, par l’intermédiaire de la société mère Ipsos SA possède par ailleurs des sociétés holding ou opérationnelles détenant des participations du groupe Ipsos en France (Ipsos (France)), aux Etats-Unis (Ipsos America Inc.), au Moyen-Orient (Ipsos Stat), en Amérique Latine (Ipsos Latin America) et en Amérique Centrale (Ipsos CCA, Inc). Ipsos SA détient la totalité ou la majorité des sociétés citées et a des parts dans d’autres sociétés plus minoritaires.[10]

            Pour conclure, on peut voir que le groupe Ipsos est un groupe puissant et international présent sur tous les continents mais notamment en Europe de l’ouest et en Amérique. L’ensemble des filiales du groupe Ipsos est détenu pour une large part directement par la société mère Ipsos SA. D’autres filiales sont détenues indirectement par Ipsos SA, notamment par l’intermédiaire de société holding. En paralèle, une analyse du capital du groupe Ipsos nous apprend que celui-ci est dirigé par les actionnaires majoritaires. En effet, Didier Truchot et Jean-Marc Lech, tous les deux co-président du groupe, détiennent 27% des actions et 41% des droits de vote par l’intermédiaire de leur société Lt Participations qu’ils possèdent à 67%.

            Afin de terminer l’analyse du groupe Ipsos et maintenant que nous avons une bonne visibilité de son statut fiscal, de sa position sur les marchés économiques et de sa santé financière, passons à présent à l’analyse stratégique.



[1] http://aesplus.net/Les-documents-comptables.html (consulté le 26/04/11 à 11h54).

[5] Tous les chiffres utilisés pour le calcul de l’EBE proviennent du rapport annuel 2009 et 2010 d’Ipsos.

[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ratio_financier (consulté le 26/04/11 à 17h33).

[8] Ibid.

[10] Un organigramme du groupe et de ses filiales est disponible en annexe.

 

Par Julien
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 13:57

Ipsos a été créé en 1975 par le Français Didier Truchot, rejoint en 1982 par Jean-Marc Lech. Ces deux spécialistes du sondage d’opinion ont fait carrière à l’Ifop, le premier institut de sondage français créé en 1938.[1] Dès sa création, Ipsos choisi de se démarquer de la concurrence française en se spécialisant dans les enquêtes d’opinions pointues à destination des entreprises, alors que la plupart des autres sociétés s’intéressent aux sondages d’opinion politiques.[2] Avec les années, Ipsos étend ses activités à l’évaluation de l’efficacité publicitaire, aux études de satisfaction de la clientèle, à la recherche sociale et marketing mais aussi aux sondages d’opinion (qui restent tout de même un marché important, notamment grâce aux gouvernements et aux journaux, gros consommateurs de sondages d’opinion).[3]

            Dès les années 90, la société Ipsos s’étend en Europe, en Amérique Latine, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis et au Canada.[4]L’année 1999 voit l’entrée en bourse de la société et son apparition sur le marché d’Asie et du Pacifique. [5]

            Aujourd’hui, le groupe Ipsos est la sixième société mondiale d’études mais la troisième société mondiale d’études par enquêtes.[6] Le groupe possède cinq spécialités, intégrées plus ou moins de manière géographique: l’efficacité publicitaire, les études markéting, le média, l’opinion et les études de gestion de la relation clientèle.[7]

            Contrôlée principalement par ses co-présidents et fondateurs Jean-Marc Lech et Didier Truchot par l’intermédiaire de leur société Lt Participations, le groupe Ipsos réalise à présent son chiffre d’affaires de manière plus ou moins égale dans trois régions du monde: l’Europe de l’ouest, l’Amérique du nord et l’Asie.

            Notre travail ici sera de tenter d’analyser de manière économique le groupe Ipsos. Avec en trame de fond le management des organisations de l’information et de la communication, il est intéressant de se pencher sur un groupe spécialisé dans la mesure des opinions publiques et de l’efficacité publicitaire. Car la communication, qu’elle soit politique, publicitaire ou évènementielle, nécessite des investissements dont il est très difficile de mesurer leur efficacité. C’est là toute la valeur ajoutée d’un groupe comme Ipsos.

            Afin de mener au mieux cette analyse, nous travaillerons en quatre étapes qui formeront notre cheminement méthodologique. Nous nous intéresserons donc dans un premier temps que régime fiscal du groupe Ipsos. Ensuite, après avoir étudié les marchés sur lesquels se positionnait le groupe, nous ferons une analyse financière à partir des trois derniers bilans comptables rendus publics par l’entreprise. Enfin, pour finir, nous tenterons de saisir la stratégie globale du groupe en définissant les objectifs, les diagnostics et les motivations des stratégies adoptées.

 

I. Régime juridique et fiscal.

 

1.      Forme Juridique.  

 

            Société anonyme de droit français à Conseil d’administration régie par le livre II du Code de commerce.

            Les statuts délèguent au Conseil d’administration le choix du mode de direction entre une Présidence et une Direction générale jointe ou duale. Le Conseil d’administration réuni le 12 décembre 2001 a décidé que la Direction générale d’Ipsos SA serait assumée par le Président du Conseil d’administration, Monsieur Didier Truchot.

            Le Conseil dans sa séance du 8 avril 2010 a décidé que la Direction générale d’Ipsos SA continuerait à être assumée par Monsieur Didier Truchot jusqu’à la fin de son mandat de Président, soit jusqu’à l’issue de l’Assemblée générale qui se réunira en 2016 pour statuer sur l’exercice clos le 31 décembre 2015.

 

2.      Le cadre réglementaire du marché des études 

 

            L’activité de l’industrie n’est pas régie, au plan international, par un corps de normes spécifiques clairement établies. Elle est cependant soumise à un ensemble de règles déontologiques mises en place par les entreprises groupées en organisations professionnelles.

            Il s’agit principalement du Code Esomar (ICC/Esomar – International Chamber of Commerce, European Society for Opinion and Marketing Research) qui met en avant les principes de l’anonymat de la personne interrogée et précise les responsabilités des demandeurs d’études et des chercheurs. Il précise également les règles à respecter concernant l’enregistrement des données.

            En France, le corps de normes françaises suivant s’applique aux sociétés d’études et à leur activité :

• la loi n°78-17 du 6 janvier 1978, relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, modifiée notamment par la loi du 6 août 2004 qui transpose en droit français la Directive européenne n° 95/46/CE du 24 octobre 1995 ;

• la loi n°77-808 du 19 juillet 1977, relative à la publication et à la diffusion de certains sondages d’opinion, modifiée notamment par la loi n°2002-214 du 19 février 2002 ;

• les dispositions du code de la propriété intellectuelle relatives à la propriété littéraire et artistique ;

 

3.      Régime fiscal  

 

            Ipsos SA, formant un groupe fiscal avec sa filiale  Ipsos (France) SAS et certaines de ses sous-filiales françaises, constate une charge d’impôt de 685,077 millions d’euros. Aucune ne charge d’Ipsos SA est non déductible fiscalement au titre de l’article 39-4 du Code général des impôts.

            En vertu d’une adhésion pour 5 exercices, en date du 30 octobre 1997, Ipsos participe au groupe fiscal organisé ainsi :

·         Ipsos : société « tête de groupe »  

·         filiales intégrées : Ipsos France, Ipsos Loyalty, IMS, Sysprint, Ipsos Observer, IAP Holding. 

L’impôt groupe est réparti de la manière suivante :

·         pour les filiales intégrées : elles prennent en charge l’impôt qui aurait été le leur en l’absence d’intégration fiscale  

·         pour la société tête de groupe fiscal : elle prend à sa charge (ou à son profit), la différence entre l’impôt groupe et la somme des impôts (contribution 3,3 % incluse) déterminés par les filiales intégrées fiscalement. 

Source/ Rapport annuel 2009

 

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[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ipsos (consulté le 27/04/11 à 11h33).

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

 

II. Analyse de marchés.

 

            Ipsos est le cinquième groupe mondial des études, c’est une entreprise dédiée à un seul métier : la production, l’interprétation et la diffusion d’informations recueillies auprès des individus décliné en six spécialisations : Mesure de l’efficacité publicitaire, Innovation Marketing, Médias et Technologies, Opinion et Recherche sociale, Gestion de la Relation-client et de la Relation-salarié, Recueil et Traitement des données.

            Ipsos compte des experts qui ont un savoir-faire   afin d’apporter à leurs clients la compréhension de leurs publics, de leurs marchés, et d’un monde en transformation. Ipsos résume cette démarche avec sa signature «Nobody’s Unpredictable», en français: “personne n’est imprévisible”.

 

1.      Le métier d’Ipsos 

 

A.     Le cœur de métier d’Ipsos 

 

            Le métier d’Ipsos, c’est l’enquête : poser les bonnes questions aux bonnes personnes, au bon moment, en utilisant les techniques les plus appropriées : avec un enquêteur, à domicile ou dans la rue, sur le lieu de travail, dans les magasins, à la sortie des bureaux de vote, mais aussi par courrier, par téléphone, filaire ou mobile, par Internet et via les réseaux sociaux. Quelque soit la technique et la méthodologie utilisées, Ipsos s’engage à produire des informations fiables, homogènes et justes, et à les délivrer rapidement à ses clients.

 

B.     Répartition du chiffre d’affaires d’Ipsos par spécialisation :

 

Source/ Rapport annuel 2010

 

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C.     Les Cinq spécialisations principales d’Ipsos  

 

·         Etudes publicitaires : Mesure et compréhension de l’efficacité publicitaire 

Ipsos ASI – The Advertising Research Specialists aide les marques à développer leurs concepts publicitaires et de communication. Cette structure a pour rôle d’intégrer, d’identifier, d’évaluer et d’optimiser l’exécution des campagnes, de choisir les supports adaptés puis de mesurer  la performance et le retour sur investissement médias.

·         Etudes marketing 

Leur but est de Répondre aux besoins croissants d’informations tactiques sur les marchés, les marques et les consommateurs.

Elles sont organisées autour de trois segments d’activité : Grande Consommation, Industrie & Services et Santé. Elles apportent une expertise dans certains domaines, en particulier Prévisions de ventes, Etudes Shopper, Etudes Qualitatives.

·         Etudes Medias et Technologies 

Les experts d’Ipsos MediaCT: the Media, Content and Technology Research Specialists aident les éditeurs et les diffuseurs à comprendre cette nouvelle révolution numérique et à se l’approprier. L’innovation technologique est au cœur de ce processus.

·         Etudes d’Opinions et Recherche Sociale  

Les équipes d’Ipsos Public Affairs – The Social Research and Corporate Reputation Specialists conduisent des programmes d’études nationaux mais aussi internationaux pour suivre la formation et l’évolution des opinions sur les grands sujets de société.

·         Etudes liées à la gestion de la relation client et la relation salarié 

Ipsos Loyalty – The Customer and Employee Research Specialists a pour objectif d’aider les entreprises à bâtir des relations solides et profitables avec leurs clients et salariés. Cette activité est déployée au niveau mondial avec des équipes entièrement dédiées à la recherche des meilleures solutions d’études permettant d’identifier les clients et les salariés au plus fort potentiel. Ipsos Loyalty propose des solutions et des systèmes d’études personnalisés, plus efficaces que les modèles standards.

 

D.     Le Recueil, traitement et diffusion des données 

 

            Afin d’assurer le bon déroulement de ces 5 spécialisations,  Ipsos Global Operations est la spécialisation d’Ipsos exclusivement dédiée au recueil, au traitement et à la diffusion des données. A la fois centre référence et de profit, elle fédère et coordonne l’ensemble des opérations online et offline du groupe. En 2010, elle a conduit 25 millions d’interviews dans plus de 100 pays.

            Parmi les principaux modes de recueil de données, on distingue traditionnellement :

• les études quantitatives qui sont basées sur la constitution et l’interrogation de grands échantillons et font appel à des techniques statistiques ;

• les études qualitatives qui reposent sur une approche d’investigation approfondie au cours d’entretiens de groupe ou d’entretiens individuels réalisés en face à face ou online (sur internet ou au téléphone).

E.     Innovation et Développement  

 

            Ipsos Open Thinking Exchange est la nouvelle structure Ipsos dédiée à la Recherche et au Développement. Elle fédère l’ensemble des programmes d’innovation dans toutes nos lignes de métier en capitalisant sur l’expertise de la société américaine OTX acquise en janvier 2010 et spécialisée dans les études online et les médias sociaux.

 

F.      Les Zones Géographiques  

 

Source/ Rapport annuel 2010

 

 

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            En 2010, Ipsos réalise une acquisition majeure avec la société américaine OTX qui renforce l’expertise Ipsos dans le domaine des études on-line et des réseaux sociaux. Par ailleurs, Ipsos acquiert la société Apeme au Portugal et crée deux bureaux, en Malaisie et au Nigéria. Les pays émergents contribuent désormais pour 31% au chiffre d’affaires d’Ipsos

  1. Analyse du marché et Concurrence des principaux acteurs

 

  1.  
    1. Le marché mondial

   

 

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            Sur un marché qui représente environ 29 milliards de USD (dollars américains) en 2009, IPSOS réalise 1.3 milliard de USD (5% de part de marché)  et se place au cinquième rang mondial. Les dix premiers acteurs totalisent 15,357 milliards de dollars US de chiffre d’affaire et représentent 53% du marché mondial

  1.  
    1. Répartition Géographique

   

            Au niveau mondial le Marché des études est principalement localisé en Europe et en Amérique du Nord.

 

3.      Analyse des principaux concurrents d’Ipsos à l’international

 

·         The Nielsen Company : 16% de part de marché en 2009,  est le principal groupe de recherche au monde  constitué par la réunion de AC Nielsen (leader mondial de la mesure des ventes de produits de grande consommation dans la distribution, des études de marchés et de l’analyse du comportement du consommateur) et de Nielsen Media Research (spécialisé dans la mesure d’audience de la télévision principalement aux Etats-Unis).. Le 26 janvier 2011, Nielsen a introduit 20% de son capital sur le New York Stock Exchange.

·         The Kantar Group: 10% de part de marché en 2009, est la holding pour les filiales de WPP qui exercent leur activité sur le marché des études et de la gestion de l’information. Cette structure comprend d’une part les activités de Millward Brown et d’autre part celles résultant de la fusion de Research International et de TNS Sofres, suite au rachat de cette dernière par WPP.

·         IMS Health : 8% de part de marché en 2009, est le leader des études dans le secteur de la pharmacie et de la santé pour lesquels il mesure les ventes de médicaments à travers les différents canaux.

·         GfK : 6% de part de marché en 2009,   est un acteur majeur des systèmes d’information pour la mesure des ventes de biens durables et électroniques dans la grande distribution. Avec l’acquisition de la société NOP en 2005, la société allemande a élargi son territoire d’intervention au Royaume-Uni et aux États-Unis, et a intégré de nouvelles expertises (études médias, études automobiles et pharmaceutiques).

 

A.     Le Marché Français

 

            Avec un chiffre d'affaires estimé à 1,93 milliard d'euros en 2009 (d’après l’étude annuelle du Syntec Etudes Marketing, le marché français des études a enregistré un recul de son activité de 3,4 %, alors qu'il avait progressé de 3,7 % en 2008. Comme en 2008, le marché se partage entre les études qualitatives (14 %), les études quantitatives ad hoc (post-réception) (51 %) et les panels et études continues, barométriques et omnibus (36 %).

            Les instituts d'études sont en effet face à un vrai dilemme: réduire les coûts tout en maintenant un haut niveau d'innovation, pour se démarquer et gagner en rentabilité. D'ailleurs, l'année 2009 a été riche en innovations. Malgré la crise, les sociétés ont continué d'investir en R&D, en communication et en formation. Les études qualitatives, notamment, ont beaucoup profité des nouvelles technologies pour se renouveler (communautés online, réseaux sociaux, etc.)

 

B.     Les Secteurs clients des Instituts d’études.

 

 

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            La grande consommation reste le secteur leader en consommation d'études (43 %, + 1 point par rapport à 2008) et inverse même la tendance, gagnant 2,6 points depuis 2007..

            Très loin derrière, la distribution (7 %) est stable. Les services financiers, les sociétés d'études, le secteur de l'énergie, le tourisme, l'univers de la publicité et de la communication, voient leur part relative augmenter dans l'activité des instituts en 2009.

            D'autres secteurs clients sont en retrait par rapport à 2008: l'administration (- 2 points), les médias (- 2 points), les télécommunications, l'automobile, la santé et le transport.

Classement des 10 premiers instituts d’études marketing et opinions sur le marché Français

 

 

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            Au cours de l’exercice 2008,  le groupe TNS France (213 millions d'euros en 2007 et 17 % du marché) qui, en raison de son rachat par WPP et son intégration au sein de Kantar, disparaissait de la première ligne du classement, a donc laissé la place à IPSOS qui figure  désormais, sur la première marche du podium.

 

4.      Positionnement d’IPSOS.

 

A.     Signature de l’entreprise : Nobody’s Unpredictable 

 

            Ipsos se positionne comme une entreprise capable de répondre aux attentes de ses clients dans un monde en perpétuelle évolution. Par rapport à cette philosophie, Ipsos affirme son positionnement en apposant sa signature: « Nobody’s Unpredictable », ce qui signifie: “Personne n’est imprévisible”.

 

   

B.     Une présence remarquable sur les marchés émergents

 

            La grande avance d'Ipsos dans les marchés émergents, où le chiffre d'affaires a bondi de 12 % en moyenne au premier trimestre, contribue à la bonne tenue de l'activité. En effet, Ipsos a réalisé 24 % de ses ventes en 2007 dans ces nouvelles économies, contre seulement 16 % pour son concurrent britannique Taylor Nelson Sofres (TNS), essentiellement implanté en Asie. Par conséquent IPSOS se positionne comme un groupe qui souhaite se développer sur  les marchés émergents en accroissant davantage ses parts de marché dans cette zone que ses concurrents.  

            De plus, IPSOS fait figure de prédateur dans un marché où les dix premiers acteurs mondiaux détiennent, certes, 50 % d'un marché évalué à 30 milliards de dollars, mais qui recèle encore des possibilités d'acquisition. Ipsos consacre chaque année entre 50 et 100 millions d'euros pour réaliser des opérations de croissance externe. 
            Le groupe peut en effet s'appuyer sur sa solidité financière. La dette nette ne représentait que 34 % des fonds propres au 31 décembre 2007, contre 44 % un an auparavant. Grâce à cette force de frappe, la part des marchés émergents dans les facturations d'Ipsos sera donc amenée à croître au cours des prochains exercices et au fil des acquisitions.

 

C.     Innovation

            IPSOS démontre sa capacité dans le domaine de l’innovation  en reprenant début 2010 OTX Corporation (OTX Online Testing Exhange), une des principales sociétés d’études online américaines. La société, qui compte plus de 330 clients est spécialisée dans les études en ligne à forte composante technologique. En plus de se placer sur le deuxième marché mondial d’études après l’Europe, Ipsos se positionne clairement sur les nouveaux moyens de communication avec cette aquisition.

 


Par Julien
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 16:40

Conclusion :

 

En conclusion, parler d’une seule et même censure comme d’une notion claire et universelle est extrêmement difficile. Grâce au travail de Laurent Martin, on s’est aperçu que la censure représentait des formes et des pratiques extrêmement variés, des caractéristiques d’autant plus mouvantes que le contexte historique et politique en est une variable importante. Néanmoins, il nous a été possible de dégager cinq grandes définitions de la censure, cinq aspects, cinq pôles que la censure concerne, ou a concerné, au fil des époques et des évènements. Il est donc important de comprendre que la censure peut être subie (censure juridique) ou inconsciente (poids du langage de la société) ou qu’elle peut être acceptée (loi de 1949) et même anticipée (autocensure).

L’examen de notre corpus, témoin de la censure pendant la Grande Guerre et la guerre d’Algérie à travers quelques publications du Temps, de L’Express et de France-Observateur nous a permis de mettre en pratique les différentes formes et pratiques de censure de la presse mais aussi leur vécu de la part des rédactions. Alors que le principe de la censure était plutôt accepté pendant la Première Guerre Mondiale, celui-ci était totalement rejeté pendant la guerre d’Algérie.

Ces deux chapitres nous ont amené à prendre du recul et à monter en généralité en nous posant la question notamment de l’état de la censure aujourd’hui. Dans une France pacifiée de l’intérieur dans un monde de plus en plus décrit comme une société de la « communication », la censure a-t-elle toujours cours ? Et bien oui et non… Certes l’article de Thierry Crépin et d’Anne Crétois sur la loi de 1949 nous a permis de voir que la censure juridique existait toujours aujourd’hui mais cette forme de censure est relativement acceptée par l’ensemble des médias car elle est basée sur la loi d’une part et parce qu’elle repose sur des valeurs humanistes de protection de la jeunesse d’autre part. Néanmoins, le travail d’Eric Maigret nous a montré que la censure telle qu’elle a été décrite et décriée pendant longtemps tend à laisser la place de plus en plus à une censure beaucoup moins visible et beaucoup plus complexe que l’on nomme « autocensure ». Une censure qui ne vient plus de l’état, mais de la logique marchande.

Un exemple parmi d’autres qui nous montre, contrairement aux idées reçues, que la censure ne provient pas uniquement de l’Etat et de ses administrateurs.

 

                                                                           

Bibliographie :

 

-         Veyrat-Masson Isabelle , « Censure, autocensure : maladies des médias ? » Entretien avec Michel Polac, Le Temps des médias, 2003/1 n° 1, p. 213-222 ;

-         Rieffel, Rémy, Que sont les médias ? Pratiques, Identités, Influences, Paris, Gallimard, 2006, collection « Folio actuel » ;

-         Martin Laurent , « Penser les censures dans l'histoire » , Sociétés & Représentations, 2006/1 n° 21, p. 331-345 ;

-         Forcade Olivier , « Voir et dire la guerre à l'heure de la censure (France, 1914-1918) » , Le Temps des médias, 2005/1 n° 4, p. 50-62 ;

-         Fabrice d’Almeida, Christian Delporte, Histoire des médias en France, de la Grande Guerre à nos jours, Flammarion, 2003 ;

-         Crépin Thierry et Crétois Anne , « La presse et la loi de 1949, entre censure et autocensure » , Le Temps des médias, 2003/1 n° 1, p. 55-64 ;

-         Eric Maigret, Sociologie de la communication et des médias, Paris, Armand Colin, 2007 (2e édition) ;

 

Par Julien
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  • : Le blog de Julien Mouffron
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  • : Paris communication université sociologie article Culture
  • : Ce blog regroupe une partie de mes travaux universitaires en sciences sociales (science politique et science de l'information et de la communication). Les thèmes abordés sont variés, ils vont du réchauffement climatique à la question des sans-abris en passant par la presse magazine mais sont toujours traités de manière universitaire. Ce blog est là avant tout pour aider les étudiants dans leurs recherches.
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